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Des antibiotiques contre la démence

06/08/2017

Une étude de l’Université de Chicago publiée en juillet 2016 dans la revue Scientific Reports traite de la prévalence croissante des démences avec le vieillissement des populations. Il ne s’agit pas de sortir du bon usage des antibiotiques et d’ajouter à l’ampleur de l’émergence des antibio-résistances ou encore à l’incidence du iatrogénie médicamenteuse chez les patients âgés. Les antibiotiques n’ont pas une utilité dans la gestion de la maladie d'Alzheimer. L’étude, menée chez la souris montre qu’en modifiant le microbiome intestinal, certains antibiotiques peuvent freiner la progression de la maladie. Elle révèle en effet qu’un traitement antibiotique à long terme réduit les taux de plaques amyloïde et réduit la neuro-inflammation des cellules microgliales. Les antibiotiques entraînent aussi des changements significatifs notables dans le microbiome intestinal, ce qui suggère, selon les chercheurs, que la composition et la diversité des communautés bactériennes de l'intestin joue un rôle important dans la régulation de l'activité du système immunitaire, ce qui impacte aussi la progression de la maladie d'Alzheimer. Bref, une nouvelle voie thérapeutique qui passerait par le microbiote intestinal s’ouvre.

Le Pr Sangram Sisodia, Professeur de neurosciences à l'Université de Chicago et auteur principal de l'étude explique que l'intestin influence la santé du cerveau. Un domaine qui va passionner tous les scientifiques qui travaillent sur les maladies neurodégénératives, en raison de l’impact du microbiote intestinal sur l’efficacité des traitements. La recherche montre des effets de doses élevées d'antibiotiques à large spectre, données durant 5 à 6 mois, sur des souris modèles d’Alzheimer, sur 2 des principales caractéristiques de la maladie : le développement de plaques et d’agrégats de protéine ß-amyloïde dans le cerveau, et l'inflammation de la microglie, les cellules du cerveau qui exécutent des fonctions du système immunitaire dans le système nerveux central. La gravité de la neuro-inflammation influant sur le taux de déclin cognitif de la maladie. A l’issue du traitement antibiotique,

  • l'analyse génétique des bactéries de l'intestin des souris traitées aux antibiotiques montre une diversité microbienne réduite vs témoins,
  • une division par 2 des niveaux de  plaques d'Aß versus témoins,
  • une augmentation significative de l'état inflammatoire de la microglie dans le cerveau.

Si les mécanismes sous-jacents à ces changements restent mal compris, l'étude souligne l’intérêt de nouvelles recherches sur l'influence du microbiome intestinal sur le cerveau et le système nerveux. Bref, les chercheurs ne proposent pas d’opter pour un traitement antibiotique qui serait absurde pour toute une série de raisons.  Cependant ils poussent à explorer un peu plus la voie de la flore microbienne intestinale pour mieux gérer les maladies neurodégénératives. Ils suggèrent que nous devons trouver des moyens d'intervenir dès que le patient présente les premiers signes cliniques, et comprendre comment les changements dans les bactéries intestinales affectent l'apparition ou la progression de la maladie, afin de développer un nouveau type de médecine personnalisée contre les démences.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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