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Une incidence à la baisse des démences chez les femmes en France

13/08/2017

Une revue de la littérature internationale de l’Institut national de veille sanitaire (InVS), publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), suggère une tendance à la baisse de l’incidence des démences. Premier fait marquant, plusieurs études menées dans plusieurs pays d’Europe et aux États-Unis ont montré que la fréquence des démences a tendance à diminuer même si les résultats ne sont pas toujours statistiquement significatifs. Deuxième élément essentiel, des travaux démontrent que l’existence de difficultés dans la vie quotidienne pourrait être utilisée comme éléments prédictif d’une démence à venir.

L’équipe menée par le Dr Catherine Helmer, de l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement (ISPED) de l’université de Bordeaux estime qu’une meilleure prise en charge des facteurs cardiovasculaires, ainsi qu’une amélioration du niveau d’éducation et de l’hygiène de vie pourraient expliquer cette tendance à la baisse qui a été constatée dans plusieurs cohortes en Europe. Côté français, un comparatif de données provenant de 2 cohortes a mis en évidence une diminution significative de la maladie entre 1990 et 2000. Cependant, il est difficile de savoir s’il s'agit d’une baisse réelle ou d’un décalage de survenue des démences. Des travaux plus récents sur des agriculteurs montraient aussi une diminution de la prévalence entre 2008 (14,8%) et 1998 (23,8%).

Les auteurs observent une baisse significative de l’incidence de la démence en dix ans, mais pour les femmes uniquement. Ces résultats découlent des travaux sur les manifestations fonctionnelles précoces qui reposent presque exclusivement sur la cohorte Paquid au cours de laquelle 3777 participants âgés de plus de 65 ans ont été tirés au sort et ont été suivis pendant 27 ans. Les spécialistes ont noté que l’affaiblissement de certaines capacités cognitives engendre des difficultés à réaliser certaines tâches. 4 atteintes significatives dans les activités domestiques du quotidien ou IADL ont été identifiées comme étant particulièrement digne d’intérêt (téléphoner, prendre des transports, maîtriser son budget ou prendre un médicament.

Cependant, les auteurs appellent à la plus grande prudence dans l'interprétation des résultats, soulignant que cette tendance à la baisse n’est pas retrouvée dans toutes les études incluses dans leur revue, et qu’elle n’est pas toujours significative. De plus, l'analyse des tendances évolutives de la démence pose de nombreux problèmes méthodologiques. Par exemple, il n'existe pas d'échelle standardisée pour établir le diagnostic de démence, qui reste essentiellement clinique et évolue donc au cours du temps. Même si cette baisse de l’incidence est confirmée, le nombre de personnes touchées par la démence devrait continuer à croître dans les prochaines années en raison du vieillissement de la population, préviennent-ils.

Enfin, outre Atlantique, une nouvelle étude réalisée sur la cohorte Framingham souligne également une décroissance significative de la démence. Ces résultats reposant sur un total de plus de 5000 participants âgés de 60 et plus révèlent une hausse de l’âge moyen de la survenue de la pathologie et une diminution en moyenne de 20 % de l’incidence par décennie. Les scientifiques ont alors noté que cette décroissance était visible chez les personnes ayant un haut niveau d’étude. En effet, l’amélioration du niveau d’éducation et de l’hygiène de vie est souvent citée parmi les facteurs pouvant expliquer cette baisse. Une meilleure prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires notamment via les traitements hypertenseurs a pu aussi jouer un rôle.

Mais si les chiffres évoquent une diminution de l’incidence de la maladie, le nombre de personnes âgées, lui, continue d’augmenter. Des projections prenant en compte ces nouvelles tendances sont importantes pour prévoir le nombre de futurs malades et pouvoir efficacement les prendre en charge. En effet, plusieurs études ont mis en évidence une très longue phase pré-démentielle au cours de laquelle de premières manifestations cognitives peuvent survenir jusqu’à 10 ans avant que l’on diagnostique la maladie. Les chercheurs émettent donc l’hypothèse que ces déficits précoces ont un impact fonctionnel et qu’ils pourraient être observés et ainsi constituer un prédicateur simple de la démence.

Si ces travaux montrent que des signes avant-coureurs fonctionnels seraient visibles plusieurs années avant le stade de démence et qu’ils pourraient permettre un suivi des individus chez qui l’évolution pourrait être défavorable, les recherches doivent se poursuivre pour améliorer les capacités prédictives de ce type d’outil.

Actuellement, il est estimé que le nombre de personnes démentes pourrait atteindre plus de 131 millions en 2050. Mais ces projections sont basées sur des taux de prévalence/incidence stables de la maladie, soulignent les auteurs. Cette nouvelle étude suggère donc une possible surestimation des prévisions actuelles. Les chercheurs expliquent que la connaissance de la fréquence actuelle et à venir de ces maladies dans la population est essentielle pour la planification des besoins, qu’il s’agisse d’aides financières ou de besoins en personnels et en structures de prise en charge.

Source : Le Blog Retraite Sereine


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